Atelier National de Validation du Manuel CEG :
Un Tournant Décisif pour le Financement Agricole au Niger Dosso, 7-8 novembre 2025 – Plus de 90 acteurs du développement rural issus des huit régions du Niger se sont réunis à Dosso pour valider le Manuel Technique et Opérationnel du Mécanisme de Subvention d'Amélioration du Crédit (CEG), pierre angulaire de la Composante 3 du PACIPA. Un Engagement Fort pour la Souveraineté Alimentaire L'atelier a mobilisé un large éventail d'acteurs stratégiques : autorités régionales, Unités de Coordination Régionales (UCR/PACIPA), institutions financières (FISAN, SAHFI, IFP), Chambres Régionales d'Agriculture (CRA), ainsi que des représentants de producteurs, jeunes et femmes rurales. Cette convergence témoigne de l'importance accordée à cet outil destiné à transformer le paysage du financement agricole au Niger. Lors de l'ouverture officielle, le Secrétaire Général Adjoint de Dosso a souligné le potentiel agricole exceptionnel de la région et l'engagement présidentiel en faveur de la souveraineté alimentaire nationale. Le Coordonnateur national du PACIPA a, quant à lui, appelé l'ensemble des parties prenantes à une appropriation rigoureuse du mécanisme pour garantir son efficacité sur le terrain. Un Financement d'Envergure de la Banque Mondiale Dans son allocution, le représentant du Ministère de l'Agriculture, de l'Élevage et de la Gouvernance des Eaux et de la Lutte contre le Changement Climatique (MAGEL) a positionné le CEG comme un instrument central des stratégies nationales, notamment la SDDCI (Stratégie de Développement Durable et de Croissance Inclusive), le PRR (Programme de Renaissance Rurale) et le PGI (Programme de Gouvernance Institutionnelle). Il a confirmé le financement substantiel de la Banque mondiale, s'élevant à 350 millions de dollars USD, témoignant ainsi de la confiance internationale dans cette initiative ambitieuse. Un Mécanisme Innovant en Trois Volets Le Manuel CEG présente un dispositif novateur articulé autour de trois formes complémentaires de subvention : L'Apport Complémentaire (Equity-like grant) : pour renforcer les fonds propres des bénéficiaires Le Partage du Risque (Risk-sharing grant) : pour mutualiser les risques entre acteurs Le Décaissement Conditionnel (Performance-based grant) : basé sur l'atteinte de résultats mesurables Le manuel détaille un cycle de gestion structuré en 14 étapes distinctes, clarifiant les rôles institutionnels de chaque intervenant : FISAN (Fonds d'Investissement pour la Sécurité Alimentaire et Nutritionnelle), CEI (Cadre d'Évaluation Institutionnelle), SAHFI (Société d'Assurance et de Financement), IFP (Institutions de Financement Partenaires) et l'UGP (Unité de Gestion du Projet). Des outils opérationnels transversaux ont également été intégrés, couvrant les dimensions environnementales et sociales (ESS), le genre, la gouvernance et la digitalisation des processus. Des Travaux de Groupe Fructueux Les participants ont été répartis en deux séries de groupes de travail pour analyser en profondeur : Premier axe : le cycle complet du CEG, les critères d'éligibilité, les mécanismes de coordination et la faisabilité de mise en œuvre sur le terrain. Deuxième axe : les outils financiers et transversaux (ESS, genre, gestion des risques), ainsi que les instruments institutionnels tels que la matrice RACI, le mécanisme de gestion des réclamations (GRM) et les systèmes de reporting. Recommandations Stratégiques pour l'Optimisation Les échanges ont permis de formuler des recommandations essentielles pour affiner le manuel avant sa transmission finale : Harmonisation du cycle : uniformisation du cycle complet et des fiches opérationnelles correspondantes pour garantir une cohérence d'ensemble. Clarification des outils : séparation des instruments par fenêtre de financement, ajout de barèmes détaillés et d'indicateurs de performance mesurables. Renforcement des mécanismes de suivi : amélioration du système de gestion des plaintes et élaboration d'un calendrier précis de reporting. Révision éditoriale : correction des incohérences terminologiques, harmonisation des unités de mesure, rectification de la numérotation et mise à jour des annexes. Validation et Perspectives À l'issue de deux journées d'échanges intensifs et constructifs, le Manuel du CEG a été validé sous réserve de l'intégration des recommandations formulées par les participants. Ce document devient désormais l'instrument de référence pour le déploiement de la Composante 3 du PACIPA. Au-delà de son aspect technique, le CEG incarne une vision ambitieuse : celle d'une agriculture nigérienne modernisée, où l'accès au financement n'est plus un obstacle mais un levier de transformation. En réduisant le coût du crédit, en partageant les risques et en renforçant l'inclusion financière, particulièrement pour les jeunes et les femmes rurales, ce mécanisme s'inscrit pleinement dans la dynamique nationale de souveraineté alimentaire et de développement économique inclusif. La réussite de cette initiative dépendra maintenant de la capacité collective à traduire cette vision en actions concrètes sur le terrain, dans chacune des huit régions du pays. L'engagement démontré lors de cet atelier de Dosso laisse présager d'une mobilisation à la hauteur des enjeux.
